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| Si la population du Dauphiné s'accroît rapidement, c'est que le pays attire les regards par sa beauté et sa diversité. Le Dauphiné est un résumé de la France. Des 4103 mètres de la Barre des Ecrins aux 60 mètres du Rhône à Pierrelatte, des confins verdoyants de la Savoie aux plaines brûlées de la Provence, la variété des paysages de cette province est difficile à imaginer. |
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De la vallée du Rhône aux massifs alpins : l'avant-pays dauphinois | ![]() |
| A partir des plaines périphériques urbanisées de l'Est lyonnais et de l'Isle-d'Abeau , celles de l'intérieur s'affirment dans un contraste de plus en plus marqué entre leurs vastes espaces ouverts à la lumière et les ambiances plus secrètes des plateaux et des collines qui précèdent les premiers contreforts occidentaux des massifs préalpins du Vercors et de la Chartreuse. |
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![]() Tel est le schéma paysager patrimonial de cette belle campagne, celui dont la cohérence, l'équilibre et les motifs d'intérêt sont attendus et recherchés tant par les résidents que par les entreprises en nombre croissant. Telle est en quelque sorte l'image patrimoniale modèle, celle dont les paysages réels sont des variations indéfiniment renouvelées et si fréquemment représentées par les peintres dauphinois, François-Auguste Ravier, Victor Charreton, Pierre Bonnard, et tous ceux de l'école de Proveysieux autour de Théodore Ravanat . |
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| Mais d'autres variations d'image ont aussi résulté de certains modèles de la modernité en matière d'équipement et d'urbanisation. Tel est le cas
des paysages en évolution forte et en mutation,
par exemple dans les grandes confluences habitées comme la plaine de l'Est lyonnais
, le Seuil de Rives
, le Cirque de Moirans
ou la Cluse de Voreppe
. Dans ces paysages, le risque est celui de la fragmentation, voire de la disparition des continuités de l'espace naturel et de l'espace cultivé pourtant indispensables à leur cohérence et à leur lisibilité. Leur sauvegarde y apparaît comme une condition première du maintien, voire de la restauration de leur diversité et de leur beauté. |
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Grenoble, porte ouverte sur les paysages alpins | ![]() |
![]() Tels sont en effet les versants méridionaux de la Chartreuse et les versants septentrionaux du Vercors qui encadrent la Cluse de Voreppe, tels sont aussi ceux de la chaîne de Belledonne , la "Belle Dame", et de la Chartreuse orientale , qui encadrent l'immense plaine du Grésivaudan. De tels exemples se retrouveront partout, dans les Grandes Rousses , dans le massif de l'Oisans et dans les pays du Sud-Isère. |
![]() La ville occupe la large plaine de confluence de l'Isère et du Drac et s'efforce de respecter la grandeur et la beauté de ces deux rivières, qui fédèrent les grandes continuités naturelles et agricoles mettant en relation, longitudinalement, l'amont et l'aval des vallées, et transversalement, les massifs montagneux environnants. |
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Dès les plaines de Varces
et du Grésivaudan
le cours de l'eau vive se révèle comme le véritable fil d'Ariane de tous les paysages isérois. Il draine les deux immenses bassins versants de l'Isère et du Drac, en passant par tous les reliefs que l'eau a largement contribué à modeler et qui forment avec elle et leur couverture de forêts la charpente naturelle des paysages de montagne et de haute montagne. |
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Entre 900 et 2000 mètres : les paysages de montagne | ![]() |
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| Leur structure paysagère est celle d'une très forte charpente naturelle d'abrupts rocheux sur laquelle ne se greffent que quelques rares motifs de spatialité : les routes en tunnels et en encorbellements vertigineux, quelques étroits sentiers, parfois une simple et fragile passerelle, tous aménagements qui savent composer avec les beautés naturelles des lieux et non les effacer par un encombrement excessif. |
![]() | Ils occupent l'étage montagnard proprement dit. Leurs images comportent le plus souvent, à l'horizon, les motifs des étages supérieurs, qui contribuent si fortement à leur originalité : sommets enneigés des massifs de Belledonne ou de l'Oisans et grandes parois rocheuses de plusieurs kilomètres de longueur comme celles de la Chartreuse orientale et du Grand Veymont en Vercors. |
| Leur structure est celle d'une charpente naturelle de versants plus ou moins raides et boisés par les pessières et les sapinières, de replats, de vallons, de ruisseaux et de rivières, de lacs, etc..., charpente sur laquelle se trouvent potentiellement greffés les motifs du bâti, de l'occupation agricole du sol et des réseaux de toute nature. |
![]() On peut aussi y faire figurer le plateau de la Matheysine lui-même, encadré par les massifs du Grand Serre-Tabor à l'est et du Sénépy à l'ouest, et dont le paysage de bocage est unique par ses dimensions et son entretien. On y joindra aussi les paysages du Balcon de Belledonne , d'Uriage à Allevard, qui font transition entre ceux la plaine du Grésivaudan et les paysages supérieurs de haute montagne. |
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| L'image de ces paysages est soumise, comme celles des paysages de l'avant-pays, à de nombreuses variations qui tiennent à leur forme, leurs dimensions et leur gradient de naturalité. Le risque majeur est, ici comme en plaine, celui de la fragmentation des continuités ouvertes de l'agriculture, pourtant indispensables à la cohérence et à la lisibilité du paysage. |
| Cette fragmentation est principalement le fait d'une part de la déprise agricole et de l'importance prise par les dynamiques de la végétation, qu'elles soient naturelles comme l'enfrichement, ou artificielles comme l'enrésinement, d'autre part d'une urbanisation aléatoire. La sauvegarde de l'image paysagère y apparaît donc directement liée à un projet agricole fort, ou son équivalent, comme condition de cohérence et de lisibilité, elles-mêmes conditions d'harmonie et de beauté. |
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Entre 2000 et 4000 mètres : les paysages de haute montagne | ![]() |
![]() | Ce sont les paysages les plus originaux des Alpes du Nord. Ils occupent une fourchette d'altitudes égale à celle qui les sépare du niveau de la mer. C'est dire leur importance et leur valeur. De ce point de vue, seuls peuvent leur être comparés les paysages littoraux et leurs très vastes horizons naturels. |
![]() | Ils occupent les étages subalpin et alpin, entre les altitudes moyennes de 1600 et 3000m voire ponctuellement plus. Leurs images sont dominées par les prairies d'altitude, qui y connaissent un très grand développement, et comportent, à l'horizon, les motifs des paysages supérieurs qui contribuent à leur originalité. |
![]() Ceux du Charmant Som proposent des points de vue sur différents panoramas, dont celui du grand monastère de la Grande Chartreuse, et se trouvent parcourus par des chemins de randonnée qui suivent parfois d'étroites et vertigineuses terrasses, jusqu'à des belvédères comme celui des Sangles. En Belledonne, c'est la Combe Madame et ses milliers de moutons. En Oisans , ce sont, entre autres, les paysages du col du Lautaret , qui appartiennent à la saga du Tour de France, au même titre que ceux du Galibier et de l'Iseran. |
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| Les paysages de cirques jouissent d'une célébrité largement due à leur structure en amphithéâtre, qui met parfois en scène les monumentales parois des cirques glaciaires et les motifs de l'eau vive sous la forme des cascades qui en jaillissent. Le Cirque de Saint-Même, en Chartreuse , en reste l'exemple emblématique. Mais les cirques peuvent affecter des formes moins sauvages et beaucoup plus accueillantes, comme celui de Tréminis, en Trièves , patrie d'adoption de Jean Giono et "écrin du Trièves", occupé de quatre hameaux et enceint de ses forêts soigneusement exploitées. |
| Les paysages de ravins font fréquemment suite aux précédents et sont parfois repérables sur leurs images. Comme les paysages de gorges ils restent à peine touchés par un sentier ou une piste, mais leur importance est à souligner comme chaînons essentiels des continuités naturelles de l'eau vive entre sources et torrents ou ruisseaux. |
![]() | Ils occupent l'étage nival, entre les altitudes moyennes de 3000 et 4000 mètres et plus. Leur structure paysagère est celle d'une très forte charpente naturelle de sommets, pics, aiguilles, glaciers, parois, cirques et cols sur laquelle se trouvent greffés quelques très rares motifs de spatialité : un refuge, un observatoire, un téléphérique, quelques sentiers ou pistes, quelques voies d'escalade... |
| Les plus célèbres d'entre eux en Isère sont, si l'on en croit le nombre des images qui leur sont consacrées dans les grands guides de tourisme des Alpes du Nord, ceux du massif des Ecrins . A ses nombreux sommets, au premier rang desquels il faut placer la Barre des Ecrins et la Meije et ses glaciers, on ajoutera principalement ceux de Belledonne et des Rousses. |
| Le patrimoine paysager de l'Isère, partie intégrante du patrimoine paysager dauphinois, ce "résumé de la France", s'impose comme exceptionnel. C'est en premier lieu un patrimoine immatériel d'images modèles qui ont fait le tour du monde, et dont la simplicité, la cohérence et l'harmonie témoignent de la façon dont s'est élaboré l'art de vivre en Dauphiné. C'est ensuite un patrimoine matériel d'aménités qui autorisent toute la gamme des usages et des pratiques d'espace et de nature de l'expérience paysagère. |
| L'expérience paysagère, dans les Alpes du Nord, a pris pendant des décennies l'allure d'une conquête. La légende de l'alpinisme, suivie de celles du thermalisme puis du ski témoignent largement de l'attrait exceptionnel qu'ont exercé ces paysages qualifiés de sublimes dès leur découverte. Elle se poursuit aujourd'hui sous d'autres formes, dont le vol libre, tel que pratiqué par exemple sur le balcon de Chartreuse , représente l'exemple sans doute le plus achevé. Pour autant la sensibilité moderne est aujourd'hui moins axée sur cette volonté de conquête que sur celle de l'aménager. La mise en valeur du patrimoine paysager de l'Isère peut ainsi se résumer en une formule : l'aménagement du pays dans les règles de l'art. Aménagement désormais conçu comme réponse non seulement à des nécessités fonctionnelles mais également à des demandes de qualités et d'aménités à forte valeur identitaire. |
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Les enjeux qui en résultent s'expriment en termes d'intégrité, d'authenticité et d'urbanité nouvelle.
Intégrité
des paysages et principalement des continuités naturelles de l'eau vive et des forêts, pour leur valeur de ressourcement à tous niveaux, physiques et esthétiques.
Authenticité de tous les monuments d'une culture locale de la pierre et du végétal, et principalement des continuités ouvertes d'une agriculture innovante comme gage de pérennité de la belle campagne entre eau vive et lisières forestières. Urbanité nouvelle qui réponde à la demande de convivialité des visiteurs et des nouveaux résidents par l'invention d'un espace public plus accueillant et attrayant pour tous. |
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