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Substrat et localisation géographique

La géographie du département de l'Isère est une géographie de versant : des rives du Rhône aux sommets des Ecrins le département de l'Isère couvre le versant Ouest des Alpes : là est son unité et sa dynamique.
Cette particularité a non seulement marqué les formes du relief, de l'eau et de la végétation mais aussi conditionné l'histoire et les modalités du peuplement : elle est la clef de la compréhension des grands paysages et de leurs dynamiques actuelles.



 La structure géologique du département de l'Isère

Principales unités d'est en ouest

Le socle soulevé et métamorphisé forme les massifs cristallins externes (granites et gneiss) : Oisans, Pelvoux, Grandes Rousses, Belledonne. Il comprend quelques bassins schisto-houillers primaires (la Mure, Grandes Rousses, Belledonne).
La couverture sédimentaire, décollée sur le socle et plissée, forme les chaînes subalpines : Chartreuse, Vercors.
Une dépression (liasique) creusée par des phases successives d'érosion fluviatile et glaciaire, sépare le socle de la couverture décollée : Grésivaudan, vallée du Drac (sillon alpin).
L'avant-pays dauphinois est constitué des matériaux de remblaiement du bassin rhodanien : molasse miocène et dépôts pliocènes (galets de quartzites dans une matrice d'argile rouge).


 Histoire géologique

Primaire

A la fin de l'ère primaire, la pénéplaine antétriasique* est constituée de granites et de schistes cristallins. Des dépôts carbonifères sont présents en placages ou en pincées dans les accidents tectoniques de la fin de la période hercynienne*.

Secondaire

Au début de l'ère secondaire, (Trias) une distension de la croûte terrestre affecte le continent euro-africain (distension " téthysienne "), la dépression ainsi créée est ennoyée et les sédiments s'y accumulent.

Au jurassique, la distension continue et les calcaires et les marnes s'accumulent sur plusieurs milliers de mètres dans le bassin dauphinois (notamment les corniches : tithonique à la fin du Jurassique et urgonienne au Crétacé inférieur).

Une seconde dépression, le bassin piémontais, plus à l'Est, est occupée par un domaine océanique, la mésogée, où se déposent des sédiments injectés de roches vertes (ophiolites*).
Entre les deux, une " ride ", un hautfond : le géanticlinal briançonnais.

Au Crétacé Moyen commence un processus de subduction, la plaque européenne s'enfonçant sous la plaque africaine.

Au Crétacé supérieur le chevauchement des plaques s'accentue et commence la surrection du relief.
A la fin du Crétacé l'émersion est générale.

Tertiaire

Paléogène : la transgression et les mouvements tectoniques de cette période concernent essentiellement les zones briançonnaises et piémontaises :

surrection, charriage, retro-charriage, métamorphisme.
Au Miocène, la zone dauphinoise est couverte par les eaux une dernière fois : de l'Autriche à la vallée du Rhône en passant par la Bavière et la Suisse se forme une dépression lacustre ou épicontinentale dans laquelle se déposent les molasses*.
A la charnière du Miocène et du Pliocène une phase paroxysmale donne à la zone Dauphinoise une physionomie proche de celle que l'on connaît avec le soulèvement définitif des massifs cristallins externe, le décollement et le plissement de la couverture sédimentaire (chaînes subalpines).
La contraction de la chaîne, commencée au Crétacé, prend fin.
A la fin du Pliocène, le bassin rhodanien est comblé par des matériaux arrachés aux Alpes, charriés et répandus en nappes par des fleuves puissants. Ces galets de quartzites alpins enrobés dans une glaise décalcifiée rougeâtre forme la surface des plateaux de l'avant-pays dauphinois (Bonnevaux, Chambarans...)

Quaternaire

Le Quaternaire se caractérise par l'apparition de l'homme et par ses glaciations. Seules les deux dernières sont connues dans les Alpes : le Riss (moraines externes avec un front à Lyon) et le Würm (moraines internes avec un front à Rives) ; les formes actuelles du relief sont fortement marquées par l'érosion glaciaire.
Glaciation rissienne (trois avancées successives Riss I, II et III).
Le glacier de l'Isère se divise en deux lobes en aval de la cluse de Voreppe, l'un suit la vallée actuelle de l'Isère probablement jusqu'à St Marcellin, l'autre remonte le seuil de Rives et couvre la plaine de Bièvres jusqu'à l'arc morainique de Faramans.
Le glacier du Rhône qui s'avance jusqu'à Lyon entre en coalescence avec celui de l'Isère au niveau de la colline du Banchet (entre plaines de Bièvre et du Liers).
Le glacier du Drac franchit le col de la Croix-Haute pour diffluer dans le Buëch au Riss I, mais ne couvre pas la totalité de Trièves et du Beaumont auRiss II.
Interglaciaire Riss-Würm.
Le bassin de Grenoble, fortement surcreusé par le glacier rissien, devient un lac qui se comble rapidement.
Glaciation würmienne (deux avancées successives Würm I et II).
Vers l'Ouest, le glacier de l'Isère ne dépasse pas le seuil de Rives, ni l'étranglement de Polienas. Au Sud le glacier remonte la basse vallée du Drac jusqu'à l'actuel barrage de Monteynard, formant ainsi un barrage naturel fermant le lac de Trièves, ultérieurement comblé d'argiles et de graviers.


Le glacier de la Romanche déborde le seuil de Laffrey et ses moraines frontales successives séparent les lacs actuels en Matheysine.
Pénéplaine antétriasique : surface usée, presque sans relief, précédant l'ère secondaire (dont la plus ancienne période s'appelle le Trias).
Cycle hercynien : succession des phénomènes de formation puis d'érosion des chaînes de montagnes de la seconde moitié de l'ère primaire.
Ophiolites : roches magmatiques sous-marines charriées sur un continent lors de la collision entre deux continents.
Molasse : formation sédimentaire détritique déposée en fin de plissement et provenant de l'érosion de reliefs jeunes avoisinants.

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