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02 L'Ile Crémieu, le plateau

Carte Paysage Cremieu

 Géographie
L'Île Crémieu est un plateau entouré de tous côtés de vallées inondables. Pour la géologie c'est un plateau calcaire jurassique, de 325 m d'altitude moyenne, limité par des failles ; en saillie au milieu des dépressions tertiaires et quaternaires. L'Île Crémieu est le dernier chaînon Sud du Jura, séparé du Bas Bugey par le Rhône. Bien que peu élevée l'Île Crémieu, ou plateau de Crémieu, domine par des falaises de 200 m la plaine de l'Est Lyonnais.
En son sein le plateau recèle un vaste réseau karstique dont la grotte la plus célèbre est la grotte de la Balme. Couvert par les glaciers quaternaires, le plateau présente une morphologie glaciaire importante (crêtes morainiques, mardelles*, blocs erratiques etc.). Les paysages variés qui en résultent comptent de nombreuses zones humides, étangs et tourbières, tant sur le plateau qu'en pied de falaise. Les bois, où dominent le chêne, le charme, l'acacia et le châtaignier, couvrent les accidents du relief. Autrefois très prospère, l'Île Crémieu a un riche patrimoine culturel et notamment de nombreuses maisons fortes. Aujourd'hui l'agriculture (polyculture, vigne, maïs), peu productive, résiste mal à la pression résidentielle : les citadins trouvent sur cette « île », accessible seulement par de rares vallées encaissées (val d'Amby, Gorges de la Fusa), la tranquillité à une trentaine de kilomètres de Lyon.

 Le paysage


Toutes les conditions sont réunies pour faire des paysages de l'Île Crémieu les paysages les plus pittoresques de l'avant-pays dauphinois.   Il est difficile d'imaginer qu'un seul des motifs privilégiés de nos paysages pittoresques soit absent de ce petit massif si fortement individualisé qui domine les plaines environnantes comme une citadelle bien gardée. Au titre du relief, ce sont surtout les falaises calcaires couronnées de leurs forêts de chênes, les vallées étroites comme le Val d'Amby et les gorges étroites et profondes comme celles de la Tyne et de la Fusa, qui seules donnent accès au cœur du pays.    Au titre de l'eau, ce sont les motifs de la plaine du grand fleuve du Rhône et de ses îles au nord-est et au nord-ouest, des marais et des étangs naturels des vallées inondables qui l'enserrent au sud-est et sud-ouest, mais aussi du réseau de lacs souterrains, de galeries et de grottes que les eaux d'infiltration ont créées, au premier rang desquelles la très célèbre grotte de la Balme (vestiges datant de –15000), une des Sept merveilles du Dauphiné.

Les motifs du bâti ne le cèdent en rien à ces motifs de naturalité, dont ils semblent désormais faire partie comme un prolongement défensif tout naturel. Ce sont en effet les villages bien groupés dont l'architecture associe murs de pierre et toits de lauzes, et les fameuses maisons fortes, perchées en nid d'aigle ou solidement enracinées entre les prairies et les lisières de la forêt. Toutes témoignent de l'histoire mouvementée du partage de l'ancien comté du Viennois, au XI° siècle, et de la longue lutte qui lui succéda entre les dynasties delphinales et la maison de Savoie.

Le pays est comparable à un labyrinthe, que ce soit en surface, s'agissant des chemins qui le parcourent, ou en profondeur, dans les kilomètres de galeries souterraines qui redoublent son mystère. Il semble avoir toujours été habité, plus ou moins secrètement, plus ou moins ouvertement. Le site archéologique de Larina, près d'Hières-sur-Ambly, témoigne, sur 21 hectares, d'un habitat néolithique daté de –3000, et lui-même suivi de différentes occupations jusqu'au VIII° siècle. Plus proches de nous, les compositions les plus pittoresques marquent l'intérieur de la forteresse naturelle, par exemple celle de Saint-Julien au-dessus de l'étang de Ry ou celle de Brotel sur son piton rocheux.

Quant à Crémieu, site patronymique et emblématique de l'ïle, il s'est édifié, au fond de son cirque et entre ses falaises, avec les pierres auxquelles il a donné son nom. Il dispose ses édifices autour d'une très longue halle du XV°. Le château delphinal, le couvent des Visitandines, l'église des Augustins, la tour de l'Horloge, la Tour Carrée dominent les toits rouges et les murs ambrés qui, sur les fonds verts du bocage et des boisements, donnent à l'ensemble les notes colorées d'une campagne désormais très activement recherchée par les citadins de la métropole lyonnaise distante d'une petite trentaine de kilomètres.   Cette attirance est un signal de vigilance. On note ici ou là, à Optevoz par exemple, un début de pression sur les coteaux qui attirent, comme toujours, et risquent de ce fait de mitage.

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