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06 Les Terres Basses - Le plateau de Dolomieu et de Pont-de-Bonvoisin

Plateau-de-Dolomieu-Pt-de-Bonvoisin

 Géographie
Cet ensemble de collines molassiques, couvertes de formations glaciaires, est un carrefour " distendu " : situé au confluent du Guiers et du Rhône il est le point de jonction entre les trois départements de l'Ain, de la Savoie et de l'Isère, il est par ailleurs traversé par trois nationales importantes et l'autoroute Lyon-Chambéry.
En l'absence d'un point de convergence unique, ces différents flux ont favorisé l'émergence de plusieurs villes secondaires : la Tour-du-Pin, les Abrets, Aoste, Pont-de-Beauvoisin.
 Le paysage
Corbelin est un village remarquable par sa très belle architecture institutionnelle, regroupée autour de la rue principale. Mais la pression foncière environnante fait peser le risque de l'urbanisation diffuse sur l'ensemble du paysage environnant. Tel est notamment le cas de la vallée de la Bourbre au-dessus de la Tour-du-Pin. Au contraire de la vallée de Virieu , c'est une vallée très habitée et plus marquée par la maison individuelle et les zones artisanales. Après Marlieu, c'est le plateau, et l'on y retrouve le semis des constructions isolées de l'urbanisation diffuse.
Ce type d'urbanisation affecte de nombreuses plaines alluviales et plateaux de l'étage collinéen de l'Avant-pays dauphinois, notamment dans les plaines de l'est lyonnais et de Chonas l'Amballan , sur le plateau de Bonnevaux , sur le plateau de Saint-Jean-de-Bournay , ou encore dans la partie sud de la plaine de Saint-Marcellin . Il représente, avec le mitage des coteaux et l'urbanisation linéaire, l'un des effets de la rurbanisation du territoire.
Celle-ci se caractérise par l'installation en communes rurales de migrants quotidiens avec les villes, à des distances de 30 à 40 kilomètres, donc au-delà des couronnes de la suburbanisation qui a marqué les Trente Glorieuses. Le phénomène s'est généralisé à partir de 1975, début de l'exode urbain qui a succédé sur l'ensemble du territoire national à l'exode rural. Allant de pair avec l'installation de retraités et la création d'emplois nouveaux dans les campagnes, ainsi qu'à l'essor du tourisme de moyenne montagne, il a achevé le mouvement de périurbanisation généralisée qui a fait de l'Isère un des départements français dont l'intégration urbaine est les plus avancées (Charrier).
C'est autour des conquêtes technologiques, économiques et culturelles dues au fait urbain et largement diffusées dans les campagnes, à commencer par la voiture et la mobilité encore jamais vue qu'elle a rendue possible, que s'est organisée cette rurbanisation. Tout s'est passé comme si la campagne offrait soudain des avantages supplémentaires qui en firent une destination enviable. En contraste avec la cherté du logement, et surtout de l'accession à la propriété en ville, la possibilité d'acquisition d'une maison individuelle constitue une des motivations les plus fortes à l'installation à la campagne. Le développement de la motorisation , puis de la bi-motorisation, y poussa également, le temps quotidien passé dans les déplacements ville-campagne étant parfois inférieur à celui des déplacements ville-banlieue, pour ne pas parler des facilités de stationnement. Le succès des modes de vie qualifiés d'écologiques dans un cadre non pollué, calme et verdoyant est une troisième raison fréquemment invoquée pour expliquer le succès des campagnes.
L'urbanisation diffuse en a souvent été l'une des conséquences. Elle se caractérise par un semis de constructions isolées ou de petits groupes de constructions distantes de plus de 200m, en nappes dont les limites ne sont pas précisées. Son premier effet est de brouiller la lisibilité du paysage par la multiplication des points focaux sur des espaces qui ne devraient en comporter que deux ou trois. Toute construction, jusqu'à une simple ferme, fait en effet point focal dans un paysage, ce qui suppose qu'elle soit entourée des motifs qui lui font cortège dans le schéma paysager patrimonial. La multiplication de tels points focaux déroute et disperse l'attention de l'observateur qui erre d'un point à un autre sans parvenir à se fixer sur le ou les quelques motifs essentiels, et finit par y renoncer.
Un tel type d'urbanisation n'est en principe plus possible. Ainsi se trouvent confirmées une réflexion et une analyse paysagères qui conduisent à rechercher les formes possibles d'un habitat groupé. Quant au traitement et à la mise en oeuvre de cet habitat, il convient d' en prévoir la contextualisation paysagère avant de le mettre en oeuvre, et non l'inverse, comme c'est trop généralement le cas. Le principe même du lotissement , tel qu'il a été historiquement inventé sur des sites comme celui du Vésinet, dans le département des Yvelines, est d'installer des habitations dans un paysage préexistant. Plus récemment, les opérations de préverdissement s'en sont inspirées. Le volet paysage du permis de construire vise à favoriser cette démarche de contextualisation et l'on observe depuis qu'il est en place une amélioration graduelle des ensembles constructibles, parfois importants lorsqu'il s'agit d'aménagements concertés. Les nouvelles dispositions de la loi SRU ne manqueront pas d'en développer les effets.

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