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Géographie | ![]() |
![]() | Nous sommes, ici également, dans le bassin molassique de l'avant-pays dauphinois, ancien et vaste delta où abondent les poudingues. Le relief, assez chahuté, est couvert de moraines, de formations fluvio-glaciaires et d'alluvions fluviatiles récentes dans les vallées. |
| Les vallées (Hien, Bourbre, Paladru et Ainan en bordure Est) ont été occupées par des langues du glacier du Rhône avec des phénomènes de creusement et de surcreusement (marais de la Bourbre, lac de Paladru). | |
| Cette entité, traversée par l'autoroute Lyon-Grenoble, ne compte aucune agglomération d'importance. Son charme est avant tout rural et sa réputation assise sur les deux sites majeurs que sont le lac de Paladru et le château de Virieu. | |
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Paysage | ![]() |
![]() C'est Lamartine , se promenant aux abords du château de Pupetières, non loin de Virieu dans la haute vallée de la Bourbre, qui en a exprimé le charme avec une telle justesse que son poème, Le Vallon, en reste le modèle inégalé et inlassablement cité dans toutes les anthologies de notre poésie, avant Le Lac lui-même. |
| Le poème rassemble tous les motifs qui entrent dans la composition du vallon, motif majeur lui-même, donné par tous ceux qui connaissent notre pays comme l'un de ceux qui le caractérisent le mieux, avant même les vallées les plus hautes et les plus pittoresques : Voici l'étroit sentier de l'obscure vallée : Du flanc de ses coteaux pendent des bois épais Qui, courbant sur mon front leur ombre entremêlée, Me couvrent tout entier de silence et de paix. |
| Le premier motif est celui du
sentier
qui, avec le chemin, rend possible l'expérience paysagère. Ce sont ensuite les
bois
qui couvrent les
coteaux
et enveloppent la scène du clair-obscur typique de ces lieux retirés. Ce sont enfin et surtout les motifs de l'eau, et d'abord de la
source
et du
ruisseau
, qui habitent le vallon, l'animent de leurs échos et nourrissent la rêverie du promeneur solitaire :
Là, deux ruisseaux cachés sous des ponts de verdure Tracent en serpentant les contours du vallon ; Ils mêlent un moment leur onde et leur murmure, Et non loin de leur source ils se perdent sans nom. (É) La fraîcheur de leurs lits, l'ombre qui les couronne, M'enchaînent tout le jour sur les bords des ruisseaux ; Comme un enfant bercé par un chant monotone, Mon âme s'assoupit au murmure des eaux. |
| Par ce poème
Lamartine
s'inscrivait dans la continuité de notre tradition poétique depuis Théophile de Viau déjà (1590-1626), pour lequel le val est
"secret, et tout voilé de ramages sombresÈ.
Mais c'est surtout
Hugo
qui en développera toutes les harmoniques. Depuis, nos vallons sont toujours
ombreux, profonds, mystérieux, éclairés d'une lumière tamisée et habités d'un silence vivant.
L'expérience paysagère y est immédiate, elle n'a aucunement besoin de vues dégagées et lointaines, elle est intérieure et elle se traduit en métaphores et en personnifications définitives : le vallon est le nid, le berceau, le giron, le refuge, l'oasis de paix, la retraite suprême; le ruisseau s'y fait le partenaire et le confident de nos échappées ; et la flore et la faune nous y deviennent aussi familières que nos intimes. Expérience qui renvoie à un autre vallon isérois, le Vallon du silence de la Grande Chartreuse, évoquée sur le lac de Paladru - ce n'est sans doute pas un hasard - par l'ancienne Chartreuse de la Courrerie. |
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| Le pays des Vals est composé de tels paysages.
Il ne compte aucune agglomération de quelque importance, comme si son échelle n'y convenait pas, ce qui lui a par ailleurs épargné les effets pervers de l'A43, qui le traverse. L'habitat s'y regroupe en villages et hameaux, auxquels il convient de conserver leur silhouette groupée, surtout sur des sites attractifs où s'exerce la pression foncière, par exemple autour du lac de Paladru ou de Virieu, dans la haute vallée de la Bourbre. Les coteaux sont en effet un des motifs majeurs de ces paysages et tout mitage est ressenti comme une atteinte à leur parure naturelle, c'est-à-dire aux bois qui les couronnent et aux prairies qui les prolongent en draperies, comme dans la vallée de l'Ainan. Pour autant il conviendra d' éviter la fermeture excessive par les boisements eux-mêmes, qui peuvent nuire à la perception de certains monuments, comme le château de Virieu ou, sur un autre registre, les marais de Chirens. Dans cette logique, tous les motifs de l'eau, sources, ruisseaux ,marais, étangs et lacs, omniprésents et particulièrement typiques, devraient être accessibles au promeneur . | ||
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| Le lac de Paladru
lui-même, cinquième lac naturel de France et très célèbre pour ses sites d'habitats néolithiques, mérite d'autant plus cette accessibilité pour tous publics que ses rives nord sont plus abruptes. Quant à sa beauté, on se permettra de l'illustrer de ces quelques vers du poète :
Quand vient le crépuscule, au fond d'un vallon noir, J'aime un grand lac d'argent, profond et clair miroir O... se regardent les nuées. Les Orientales, IV | ||
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