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11 Vienne et les vallées de la Gère, de la Véga et de la Sévenne

Vienne-Les-vallées-de-la-Gère

 Géographie
La ville de Vienne et son arrière-pays sont situés sur la frange Ouest du vaste delta de matériaux arrachés à la chaîne alpine en surrection au tertiaire. Le substrat morainique affleure sur les versants, ailleurs il est masqué par des recouvrements : complexe morainique et loess éolien.
Le fleuve coule sur la frontière entre les matériaux sédimentaires et le socle cristallin du Massif Central (il existe quelques affleurements granitiques au Sud-Est de la ville)
Les éléments fondamentaux de cette entité sont :
  • la morphologie de l'ensemble, structuré par l'axe majeur du Rhône et les ouvertures secondaires des vallées de la Vega et de la Gère,
  • la morphologie du site de la ville, amphithéâtre naturel d'une grande beauté et point de franchissement du fleuve qui justifia l'édification de la ville romaine,
  • Cette situation privilégiée a marqué l'histoire de la ville,
  • Vienne est aujourd'hui la seconde ville du département, son appartenance au couloir Rhodanien en fait le point de contact du département avec le premier axe de communication national mais les principales principales liaisons avec Grenoble passent par le Nord (Lyon-Grenoble) ou par le Sud (Valence-Grenoble),
  • Les activités se concentrent donc dans la vallée du Rhône, l'évolution des vallées de l'arrière-pays viennois étant bien plus modérée.
 Paysage
L'auguste Vienne. L'épithète, de Paul Dreyfus, donne une juste image de cette ville dont le paysage, comme celui de toute cité au passé très ancien, est composé d' une richesse de monuments à valeur symbolique exceptionnelle. Son seul site géographique présente d'ailleurs un ensemble de motifs, répartis dans la vallée du Rhône et la vallée affluente de la Gère, qui expliquent pour une large part son destin singulier.
Si la ville est devenue l'une des cités les plus brillantes de l'Isère, c'est en effet largement pour être située au carrefour de la moyenne vallée du Rhône, franchissable en cet endroit, et des voies conduisant au coeur du massif alpin. Capitale des Allobroges à l'époque celte (-400), elle devint très rapidement, à l'époque romaine, l'objet des faveurs du pouvoir impérial. Son site, un vaste amphithéâtre de cinq collines orienté vers le grand fleuve, composait déjà un paysage remarquable qui fut lui-même mis en scène par une enceinte de 7 kilomètres.
Elle connut un essor économique et urbain dont témoignent, au seul tire des monuments majeurs, un cirque et deux théâtres. Le Grand Théâtre, l'un des plus vastes du monde romain, fut inscrit dans le versant ouest du Mont Pipet et témoigne de la façon exemplaire dont le monde méditerranéen sait conjuguer ses motifs bâtis avec ceux du relief. Le coeur de la ville s'organise ensuite en terrasses ascendantes, caractéristiques des ambiances méridionales déjà sensibles dans la ville de Lyon, mais dont Vienne est encore plus représentative.
La fortune historique de la ville fut assurée par son triple rôle portuaire, commercial et politique . Ce rôle commença dès l'époque romaine, Vienne ayant précédé Lyon comme poste avancé de la domination romaine et ayant " servi d'introduction à Lyon, aussi bien dans le temps que dans l'espace " (Deffontaines). Mais la cité fut aussi en relation avec les Alpes dauphinoises à travers la vallée encaissée de la Gère et la voie gallo-romaine qui la suivait et empruntait ensuite celle de la Véga, son affluent, en direction de Bourgoin-Jallieu. La ville de Septème, septième borne sur ce parcours, en conserve la mémoire.
La vallée de la Gère devint ainsi partie intégrante du paysage viennois et trait d'union avec les Alpes , auxquelles Vienne fut désormais reliée pour vingt siècles d'histoire. Son importance fut redoublée à partir du Moyen-Âge par les premières installations de type industriel qui commencèrent à y fleurir. L'exploitation de l'énergie motrice de l'eau vive, si caractéristique du développement artisanal et industriel de toute l'Isère, y motiva progressivement la construction de toutes sortes de moulins, ateliers, forges et usines textiles et métallurgiques. Nombre de motifs d'intérêt de cette activité multiséculaire ont survécu aux transformations des siècles, et évoquent, au fil des itinéraires de découverte, les diverses périodes de l'intense activité industrielle de la vallée.
Les plaines de la Véga, de la Sévenne et de la Vésonne irriguent le Pays viennois, en lui méritant le qualificatif de " plat pays ", du fait de leur profil de vallées glaciaires à fond plat que la trop faible hauteur des collines interfluviales n'arrivent pas à concurrencer. Ce sont de vastes plaines agricoles, dont le parcellaire à grandes mailles a évincé le bocage et qui ne sont pas sans rappeler la plaine du Liers . La vallée de la Sévenne est cependant plus boisée que les deux autres et présente un paysage plus flou dans lequel, par ailleurs, les énormes entrepôts de la société Shell ont un impact particulièrement agressif.
Les collines, de leur côté, présentent les mêmes contrastes que les collines des Chambarans par rapport à la plaine du Liers . L'ambiance générale est agréable et motive le développement des résidences, non loin de la grande ville . Saint-Just-de-Chaleysin, Luzinay, Villette-de-Vienne et Chuzelles, par exemple, se présentent bien regroupés en bordure de la plaine. Toutefois l'urbanisation des coteaux exposés au sud et le semis diffus des résidences installées en retrait restent importants et appellent la vigilance.

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