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12 La Vallée du Rhône

Vallée-du-Rhone

 Géographie

La vallée du Rhône est encaissée entre les coteaux molassiques de l'avant-pays dauphinois et les versants granitiques de l'Ardèche. L'effet de couloir est renforcé par la présence sur chaque rive d'une route importante et d'une voie ferrée.
Les zones d'activités se partagent avec les zones d'habitat, les vergers et les peupleraies la faible surface du lit majeur.
La végétation naturelle est limitée à quelques îlots du Rhône.

 Paysage
La vallée est le plus grand itinéraire français et européen entre la Méditerranée et la Mer du Nord.
De Chasse-sur-Rhône à Sablons, elle fait frontière entre l'Isère et la Loire, de même qu'elle le fait entre l'Isère et l'Ain depuis la plaine de l'Est lyonnais jusqu'à celle des Avenières. Mais son image paysagère y est aussi différente que possible. La vallée s'y est en effet vue investie d'établissements résidentiels et industriels de toute nature, au point qu'ils ont pratiquement rempli toutes les petites plaines de la rive gauche, remontant parfois sur les coteaux et le long des vallons qui les bordent à l'ouest. L'impact en est d'autant plus fort que la rive droite est occupée par les " Vignes d'Or " de la Côte Rôtie.

Les superlatifs et les métaphores les plus nombreuses et les plus extrêmes ont été utilisées pour qualifier la vallée et son fleuve. Il est couramment reconnu comme le plus puissant et le plus rapide, voire le plus majestueux de nos grands fleuves. Sa vallée, elle, ne fait pas l'unanimité. Pour les uns, " à chaque instant elle se pare d'une nouvelle beauté " (Michelin). Pour d'autres, elle est plus simplement le couloir rhodanien , métaphore banale qui pointe sur son étroitesse et son rôle de voie de communication, millénaire il est vrai, mais difficilement comparable, du point de vue de ses paysages, à celle de la Loire, voie royale qui permet de rejoindre les rivages atlantiques.

La vérité est sans doute dans une autre métaphore, avancée par Deffontaines qui, dans son Atlas Aérien, parle de la " Porte du Rhône È . Avec le Rhône en effet, la France détient " la seule vraie porte terrestre de la Méditerranée È vers la Manche par Paris et vers la Mer du Nord par la trouée de Belfort et le Rhin. A ce titre, elle représente " l'itinéraire le plus typiquement français, celui qui fera comprendre une des vocations principales du pays. C'est là que la nature méditerranéenne remonte le plus loin vers le Nord : climat, végétation, mais surtout économie humaine et civilisation . " Et Deffontaines de conclure : " Que d'influences méditerranéennes sont ainsi montées, au long du Rhône ! Par cette voie ont pénétré le christianisme, le droit romain, les arts classiques. Le Rhône est plus que le grand itinéraire de France, c'est une des routes axiales de l'Europe : tant d'invasions, tant d'armées, tant de dévastations et de calamités, mais aussi tant de prospérités et de gloires se sont succédé sur les berges du fleuve. Le privilège d'être sur un passage historique a bien souvent été payé très cher ! ".

C'est donc à la mesure du rôle exceptionnel du fleuve et de sa vallée dans notre histoire, et singulièrement dans celle de l'Isère, qu'il convient d'évaluer la valeur de leurs paysages. Ce ne sont pas les points de vue et les motifs de l'écologie qui y figurent au premier plan mais ceux de la symbolique des lieux desservis par le fleuve , qu'ils se trouvent au premier plan des paysages de la rive gauche ou fassent partie de leur horizon, sur la rive droite.
Il est d'ailleurs très fréquent de rencontrer, le long du fleuve, des villes jumelles se faisant face sur l'une et l'autre rive et participant du même paysage tout en ayant historiquement connu des évolutions et des administrations différentes du fait de leur appartenance, dans le passé, au Royaume rive droite ou à l'Empire rive gauche. Tel est le cas de Vienne et de Saint-Romain-en-Gal , qui fait partie de son horizon dès l'époque romaine. Tel est le cas des Roches-de-Condrieu et de Condrieu même, dont le nom évoque l'épopée de la batellerie rhodanienne. Tel est aussi le cas de Sablons et de Serrières , également célèbres du temps de la batellerie à la limite sud ouest du département.

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