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18 LE BANCHET

Le Blanchet

 Géographie

Les glaciers du Rhône et de l'Isère se sont rejoints au niveau du Banchet, l'un creusant la plaine du Liers, l'autre la plaine de Bièvre. Une moindre érosion, due à une plus faible épaisseur de glace au niveau de leur coalescence, est à l'origine de cette dorsale qu'est le Banchet.
Remarquable par l'exploitation de ses taillis de châtaigniers sur son versant Nord, le Banchet jouit, sur son versant Sud, d'une exposition qui en fait une zone résidentielle recherchée en dépit de son éloignement des centres urbains.
Il faut noter à ce propos que, comme la plaine du Liers, le Banchet est coupé (et donc desservi) par l'A48, la RN 85 et la D518

 Paysage

Le contraste de cette longue côte d'une trentaine de kilomètres de longueur avec les deux grandes plaines céréalières qui la bordent au nord et au sud, est total et en fait une île elle-même divisée en deux parties très différentes.

La partie orientale de la côte , entre le point culminant du mont Follet, à 773m, et la RN85, se trouve entièrement recouverte et dominée par une châtaigneraie très dense et quasi impénétrable. Les quelques clairières qui y sont ouvertes ne laissent pas s'échapper le regard et ne rendent que plus impressionnante la fermeture de l'espace.

Les villages d' Apprieu, Colombe, Grand-Lemps et Bévenais, sur l'adret, ressemblent à des ports au bord d'une mer intérieure, à la charnière entre deux séries de motifs : côté colline, les prairies du saltus puis la châtaigneraie ; côté plaine, la RD73 puis les grandes cultures, qui rejoignent sans solution de continuité les villages de la côte opposée.
Sur l'ubac de la côte, la lisibilité de ce modèle est assurée et les villages d' Oyeu et de Longechenal ont préservé leur originalité, séparés d'une dizaine de kilomètres exempts d'urbanisation à part les deux modestes implantations de Quétan et du Liers. Mais il n'en va pas de même sur l'adret, dont l'image se trouve touchée par les enrésinements, les enfrichements et l'urbanisation linéaire quasi ininterrompue qui affectent les espaces ouverts entre la lisière forestière supérieure et la RD73.

L'effacement de ces enfrichements ne peut être que le résultat de volontés fortes, motivées par des modèles de développement économiquement plus rémunérateurs. Il paraît certain, en tout état de cause, que la clé du succès reste dans le maintien de l'activité agricole . Elle se traduira parfois par le changement complet de modèle agricole.
Quant aux enrésinements en timbres-poste, la première préoccupation paysagère concernera leur localisation dans l'espace , par exemple en les regroupant dans des sites à faibles potentialités agricoles et moins fréquentés. Une telle préoccupation s'inscrirait dans la logique de l'équilibre paysager indispensable entre continuités végétales ouvertes et continuités végétales fermées. Il pourrait reposer sur un système d'échanges à l'amiable et sur la généralisation du zonage agriculture-forêt et élevage-forêt.

La deuxième préoccupation portera sur l'atténuation de leur impact en matière de textures, de couleurs et de limites. Leur justification économique n'étant pas forcément remise en cause, il conviendrait cependant d'adopter le principe d'un équilibrage des subventions à leur plantation par des subventions aux plantations en mélange. Une telle mesure serait une incitation à la conception de modèles de boisements différents, dont des bouquets moins denses allègeraient l'intérieur et ménageraient des transitions de lisière plus souples que celles de la géométrie parcellaire avec les cultures voisines.

La partie occidentale de la côte est le pays de la Côte-Saint-André. Il présente un visage très différent. L'altitude s'abaisse à 644m au mont Avalon et jusqu'à 452m sur Penol. Les clairières ouvertes dans la châtaigneraie vont en s'agrandissant vers l'ouest et la forêt laisse graduellement la place à un paysage très ouvert de bocage. Sur ce balcon monumental, d'où la vue s'étend, par-delà la plaine, jusqu'aux Alpes, s'est installée la ville de la Côte, qui occupe une position privilégiée, autour de son château, à la fois forteresse et palais résidentiel, et rayonne ainsi sur le pays alentour.
C'est la patrie d' Hector Berlioz (1803-18069), créateur d'un genre musical, le poème symphonique, qu'illustreront plusieurs de ses successeurs de l'Ecole française. Elle a également accueilli le peintre impressioniste Jongkind (1819-1891) dans les dernières années de sa vie.

Les autres villages, La Frette, Saint-Hilaire-de-la-Côte, Gillonay, Balbins et Penol , se répartissent au pied de la côte. Leur environnement proche réserve au visiteur des ambiances bocagères très reposantes par rapport aux immensités ouvertes et rudes de la plaine. Ce sont les prairies parsemées de grands arbres , saules, frênes et peupliers , parfois même de vergers.

La richesse de cette identité pose la question de la maîtrise de l'urbanisation linéaire qui, comme à l'est de la plaine, s'est répandue le long de la RD73 et, d'autre part, remonte très haut dans le coteau et descend de plus en plus bas dans la plaine.

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