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20 La plaine de Bièvre

 Géographie
Au quaternaire le glacier de l'Isère présente deux langues : l'une creuse l'actuelle plaine de la Bièvre, l'autre la vallée de la basse Isère.
La plaine actuelle, large, plate et uniforme, est constituée d'alluvions fluvio-glaciaires et fluviatiles.
Vallée fossile, la plaine de Bièvre a un réseau hydrographique réduit au minimum.
Autrefois peu fertile et sèche la plaine de la Bièvre a été longtemps couverte de forêts.
Aujourd'hui on pompe la nappe pour irriguer les grandes cultures (céréales, prairies artificielles, maïs).
Vaste étendue parfaitement plate, épargnée par l'urbanisation mais traversée par les axes routiers et ferroviaires Lyon-Grenoble, la plaine de Bièvre se prêtait particulièrement bien à l'implantation d'un aéroport dans une région où les potentialités sont rares.
Aujourd'hui les grands espaces ouverts de la plaine contribuent à " tirer " l'urbanisation vers l'Ouest. Malheureusement ce développement urbain ne tient pas toujours compte des caractéristiques paysagères exceptionnelles de l'ensemble Cluse de Voreppe , Cirque de Moirans , Seuil de Rives .
 Paysage
La plaine de Bièvre et son prolongement jusqu'à Sardieu et Marcilloles, est l'espace cultivé d'un seul tenant le plus vaste du département. Un simple coup d'oeil sur la carte révèle la profonde singularité de ce damier de cultures d'une vingtaine de milliers d'hectares aux formes géométriques : grandes masses forestières sur les côtes qui la ceinturent et urbanisation regroupée sur son pourtour comme au bord d'une mer intérieure.
La traversée de la plaine le confirme. C'est le type-même de l'espace ouvert aux grandes cultures. Seuls quelques arbres et quelques alignements, comme les platanes qui accompagnent la route des Crozes à la Côte-Saint-André, témoignent encore des milliers d'arbres qui accompagnaient jadis les grandes lignes droites à travers les bois et les taillis d'immenses espaces peu exploités. Les tracés demeurent. Une partie du réseau des haies de l'ancien bocage témoigne encore de la haute tradition dont la foire de Beaucroissant, première foire européenne du bétail reste emblématique. Ce réseau est en compétition avec les grandes cultures céréalières et se trouve exposé à une autre dynamique, induite par les infrastructures qui l'occupent.
Dans la partie orientale de la plaine, le contraste entre les motifs du bocage et de la modernité s'affiche clairement avec l'autoroute A48 et les zones qu'elle entraîne dans son sillage. Quant à l'axe de Bièvre, qui mène à l'aéroport de Grenoble-Saint-Geoirs, il n'est repérable, du fait de son encaissement, que lorsqu'on le découvre, et c'est la découverte d'une tranchée difficile à franchir.
La dynamique agricole de la plaine se trouve donc redoublée par celle des infrastructures et de leurs effets induits. Le maillage bocager apparaît d'autant plus fragile. Et l'on s'interroge sur l'accessibilité de la plaine ainsi coupée en trois : que reste-t-il des chemins qui la parcouraient? C'est la problématique toujours observable lors de la transformation du modèle du bocage en un modèle nouveau dont on perçoit la force, mais une force qui tend à en faire un territoire interdit à tout autre chose que l'activité de production agricole. D'autant que les villages y sont inexistants et les constructions isolées beaucoup plus rares que dans le pays de la Côte Saint-André, sur le Banchet . Faut-il penser que la dynamique de transformation de la plaine s'inscrit inéluctablement dans le prolongement de celle de la cluse de Voreppe et d'une annonce de Grenoble étendue sur des kilomètres? Si tel n'est pas le cas, un plan de rétablissement de circulations douces accompagnées de plantations en haies ou en alignements permettra d'y retrouver quelques continuités écologiques et paysagères.
Dans le pays de la Côte-Saint-André, l'image de la plaine est différente. Le réseau des routes et des chemins y est beaucoup plus dense et plus régulier, desservant notamment les communes de Brézins, Sardieu et Marcilloles, ainsi que le semis des constructions installées dans la plaine et les reliant aux autres, au pied des collines de la Côte-Saint-André au nord et des Chambarans au sud.

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