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25 La plaine de Vinay

Plaine de Vinay

 Géographie


Comme la plaine de St Marcellin, la plaine de Vinay rassemble un riche terroir agricole autour d'un bourg de piémont, on ne peut mieux desservi par les infrastructures empruntant la vallée de l'Isère.
Si le bourg est plus modeste (3 500 hab.), la réputation de la noyeraie est telle que Vinay est considérée comme la capitale de la noix de Grenoble.
Au plan géomorphologique on notera que la plaine de Vinay est plus élevée (250 m) que le cirque de Moirans (surcreusement glaciaire comblé par les alluvions récentes de l'Isère dont l'altitude actuelle est d'envion 180 m).
Au droit de la plaine de Vinay la rivière a progressivement creusé son lit dans les formations tertiaires lors du retrait des glaciers, ceci explique l'encaissement de l'Isère en aval du verrou de Port-St-Gervais.

 Paysage

Le plus grand verger de noyers d'Europe. Quand une plaine entière devient un verger d'un seul tenant, on peut s'attendre à un spectacle exceptionnel. Tel est le cas de cette plaine qui offre le spectacle rare, et unique en Isère, d'un immense jardin planté entre les collines des Chambarans et le massif du Vercors. On connaît d'autres exemples de paysages entièrement occupés par des vergers, par exemple, en Isère même, le plateau de Louze ; on connaît moins de vallées occupées par une seule culture fruitière, classée en AOC, comme celle de Vinay.

La trilogie agraire traditionnelle est ici repoussée au-delà des limites de la plaine dans les collines des Chambarans et le Vercors. C'est la noyeraie qui impose sa cohérence au paysage en contenant le bâti autour des vieux villages de Vinay, de l' Albenc, de Port-Saint-Gervais, de Cognin-les-Gorges.
Dans le prolongement de la plaine de Tullins , nous sommes en présence d' un modèle de belle campagne. L'art de composer avec la fertilité d'un sol durement gagné sur les espaces primitifs de liberté de la rivière est ici celui d' une culture savante de la taille. Cet art, comme dans les pays de vigne, est celui de la sélection et de la métamorphose des arbres en variétés fixées par les critères de l'AOC. Mais il s'étend aux autres domaines de la culture locale, à commencer par l'art de bâtir , en combinant la taille de la pierre à l'utilisation des galets, du pisé et du bois, et dont les séchoirs, " en sacoche " donnent des exemples typiques et souvent monumentaux.
Les paysages de la plaine sont soumis à une dynamique nouvelle, celle de la modernisation de la nuciculture qui aura pour effet de ramener la hauteur de la frondaison des noyers de 3m environ du sol à 1,20 à 1,50m. L'ambiance actuelle de prairie arborée, si attrayante, sera modifiée en une ambiance nouvelle dont il sera intéressant d'apprécier l'harmonie. Les motifs des horizons collinéens des Chambarans d'un côté et du Vercors de l'autre seront probablement plus perceptibles et davantage mis en valeur.

La même modernisation aura un effet sur le bâti dans la mesure où les séchoirs traditionnels seront remplacés par des bâtiments industriels au vocabulaire plastique très différent. Il y a là un enjeu qui mérite d'être relevé dans le cadre du règlement des plans locaux d'urbanisme et du volet paysager des permis de construire.

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