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Géographie | ![]() |
![]() Après le comblement l'Isère divaguait dans cette vaste étendue plane qu'elle inondait régulièrement. Très tôt (dès l'époque gallo-romaine) l'Isère a fait l'objet d'aménagement pour faciliter le transport des marchandises. Aujourd'hui endiguée et régulièrement draguée la rivière a laissé le champ libre, d'abord à l'agriculture puis à l'extension de l'agglomération grenobloise. Le risque d'un colmatage urbain de ce site remarquable est bien réel puisqu'il offre des surfaces importantes et qu'il occupe une position stratégique au débouché de la Cluse de Voreppe, point de passage obligé entre l'avant-pays dauphinois et la montagne. |
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Paysage | ![]() |
S'agissant de la plaine de Tullins , on ne peut omettre le témoignage de Stendhal, fils du pays et grand voyageur, qui pouvait en comparer le spectacle avec ceux des plus belles contrées françaises et italiennes : |
| " Avant d'arriver à Tullins, j'ai trouvé une surprise délicieuse ; par bonheur, personne ne m'avait averti : je suis arrivé tout à coup à une des plus belles vues du monde. C'est après avoir passé le petit village de Cras, en commençant à descendre vers Tullins. Tout à coup se découvre à vos yeux un immense paysage comparable aux plus riches du Titien. Sur le premier plan, le château de Vourey. A droite, l'Isère, serpentant à l'infini, jusqu'à l'extrémité de l'horizon et jusqu'à Grenoble. Cette rivière, fort large, arrose la plaine la plus fertile, la mieux cultivée, la mieux plantée et de la plus riche verdure. Au-dessus de cette plaine, la plus magnifique peut-être dont la France puisse se vanter,c'est la chaîne des Alpes, et des pics de granit se dessinant en rouge noir sur des neiges éternelles, qui n'ont pu tenir sur leurs parois trop rapides... Je ne conçois pas la force de végétation de ces champs couverts d'arbres rapprochés, vigoureux, touffus ; et là-dessous il y a du blé, du chanvre, les plus belles récoltes. Je n'ai rien vu de plus étonnant en courant la sublime Lombardie, ou à Naples, dans la terre de Labour... Le genre ennuyeux semble banni de ces belles contrées.È. (Stendhal : Mémoires d'un touriste en Dauphiné - Août 1818.) |
Tel est, décrit par l'un de nos plus grands maîtres en esthétique, le type même de la belle campagne, premier des grands modèles de nos grands genres traditionnels, avant le pittoresque et le sublime. C'est l'art de composer avec les richesses d'un sol fertile dans un paysage hospitalier, équilibré, divers, prospère, en un mot harmonieux. |
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| Dans le prolongement de la plaine, le cirque de Moirans
assure la jonction entre les plaines de Bièvre et de l'Isère et la transition entre l'avant-pays dauphinois et le massif alpin. A sa position exceptionnelle il doit une motivation paysagère exceptionnelle.
La configuration de ses coteaux disposés en amphithéâtre permet de magnifiques panoramas sur le damier de cultures multicolores et diversifiées de la plaine, entre les horizons boisés des massifs et des sommets environnants : la Grande Sure (1920m) de Chartreuse et le Bec de l'Orient (1174m) du Vercors. Le site est cependant occupé par quatre infrastructures majeures, l'A48, la RN85 et les deux lignes de chemin de fer, Grenoble-Valence et Grenoble-Lyon, et leurs carrefours avec les RN75 et la RN92, sur une emprise d'une dizaine de milliers d'hectares déjà largement occupés par des zones d'activités qui barrent la plaine entre Moirans et la cluse de Voreppe . Le genre de paysage qui en résulte est typique de ceux qui ont été le plus fréquemment induits par le développement des infrastructures de transport au cours des trois dernières décennies : l'urbanisation linéaire. Ce type d'urbanisation se caractérise par des constructions " en chapelet " le long des voies de circulation. Il est tout à la fois le résultat et la cause du développement considérable du réseau viaire, catalyseur de l'exode urbain et de la périurbanisation depuis 1975. La construction étant en effet directement liée à la viabilisation des terrains en matière de voirie, d'égouts et d'adductions diverses, il était prévisible d'une part que le désenclavement de l'espace rural induirait une multiplication du kilométrage de voiries principales viabilisées, d'autre part que cette multiplication en entraînerait d'autres sur les voiries secondaires. Ce qui fut effectivement le cas, entraînant parfois pour les collectivités d'accueil des coûts élevés et les tensions afférentes. Les effets produits par l'urbanisation linéaire sont nombreux. D'une part elle est très consommatrice d'espace. D'autre part elle a un effet directement opposé de celui que devrait avoir une route comme instrument de découverte des paysages. Les constructions en chapelet dressent un écran, continu ou discontinu, entre le visiteur et les vues qu'il pourrait avoir sur le pays, et affectent la perception des premiers et deuxièmes plans du paysage. Enfin un troisième effet est produit par la répétitivité, voire la banalité, de l'architecture et des plantations attenantes, qui n'incitent guère à la prise en considération des lieux et des sites traversés. La frustration qui en résulte est parfois accentuée par la perception des troisièmes plans des paysages, souvent représentés par des reliefs montagneux dont l'accessibilité se trouve entravée par la barrière du bâti. L'Amendement Dupont (article L 111.1.4 du code de l'urbanisme), a en principe mis un point d'arrêt à ce type d'urbanisation le long des infrastructures majeures. Mais il pointe sur la nécessité beaucoup plus générale, partout sur le territoire, de conserver des continuités ouvertes le long des rives - ou au moins le long d'une des rives - de toute route , et ce sur une profondeur suffisante pour permettre les points de vue sur les paysages. ll pointe de ce fait sur la notion de projet urbain et la recherche de toutes les formes possibles d'un habitat regroupé dont certains exemples existent et d'autres restent à inventer. | |
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