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28 Le Val d'Ainan et la basse vallée du Guiers Mort

Val-d'Ainan

 Géographie
Morphologiquement ce grand paysage qui s'étend du Val d'Ainan (à l'Ouest) à la basse vallée du Guiers (au Nord) et à la montagne du Raz (au Sud) est une transition entre les reliefs vigoureux de la Chartreuse et les collines de l'avant-pays dauphinois.
Géologiquement il recouvre, en bandes approximativement parallèles et d'Est en Ouest :
  • le piémont occidental de la Chartreuse,
  • le chaînon jurassien* du Grand Raz, séparé du piémont par le synclinal miocène de Voreppe
  • les collines molassiques, à placages glaciaires et fluvio-glaciaires, de l'avant-pays dauphinois.
Les marais de fonds de vallées (Ainan, Morge, Guiers Mort) ont pour origine des surcreusements glaciaires comblés d'alluvions (fluvio-glaciaires et fluviatiles).
Ces vallées, frontalières de la Savoie jusqu'en 1860, ont eu une histoire mouvementée.
Economiquement la vallée du Guiers a connu une certaine prospérité liée à la proximité des Chartreux mais l'ensemble s'inscrit dans un îlot où les circulations sont malaisées ce qui permet une relative résistance de l'agriculture face à une pression urbaine diffuse.
A intégrer au lexique* : Les chaînons jurassiens se distinguent des chaînons subalpins en cela qu'ils se raccordent aux plis du Jura et que leurs séries stratigraphiques sont différentes (plus de formations récifales moins de formations vaseuses ou argileuses)

 Paysage
Le val d'Ainan rassemble le plateau de Saint-Julien-de-Raz, les collines de Valdaine et les coteaux de Miribel-les-Echelles en un ensemble de petits reliefs entaillés de combes et de vallons et pris comme une île entre la vallée de l'Ainan à l'ouest, celle du Guiers Mort au nord, et la Chartreuse occidentale à l'est.

Le petit plateau de Saint-Julien-du-Raz , qui culmine au Cossert de Gilles (802m), et les combes et vallons de Valdaine, dont les gorges de Crossey constituent un des motifs les plus forts, font figure de petits mondes isolés où alternent boisements et cultures dans des paysages qui rappellent ceux des Chambarans. L'habitat y est peu développé, bien que la pression foncière soit repérable à proximité de Coublevie et de Voreppe, et on peut y retrouver les ambiances caractéristiques du vallon romantique là où les enfrichements et les enrésinements ont été évités. Tel est le cas sur la RD28 par exemple, entre Miribel-les-Échelles et Merlas par le col des Mille Martyrs.
Les coteaux de Miribel-les-Échelles présentent des paysages de polyculture-élevage. Cette activité maintient les continuités ouvertes qui favorisent des vues magnifiques, à partir de Miribel, sur la plaine du Guiers Mort, et inversement des vues sur le village lui-même, dont la silhouette, dominée par son église, surplombe le pays alentour comme un point d'appel particulièrement fort. Une telle situation motive une pression foncière qui appelle la maîtrise.
La plaine du Guiers Mort est à l'image des plaines alluviales de l'avant-pays dauphinois, plate et très clairement limitée par les hautes murailles de la Chartreuse d'un côté, les collines de Valdaine de l'autre. Du fait de sa position frontalière entre Dauphiné et Savoie, elle a connu une histoire mouvementée mais plutôt prospère. Les Chartreux y développèrent l'agriculture autour de Saint-Laurent-du-Pont, et l'industrie dans les forges et la distillerie de Fourvoirie, transférée à Voiron après son éboulement en 1935. Un monument symbolise cette histoire au parfum d'épopée, le fameux Pont Saint-Martin , arche de pierre entre Dauphiné et Savoie qui, malgré sa fragilité, continue de défier le temps. Elle est lancée sur le Guiers Vif, dont la confluence avec le Guiers Mort est occupée par Entre-Deux-Guiers, en face des Échelles, sur la rive droite savoyarde.

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