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29 La cluse de Voreppe

Cluse de Voreppe
 Géographie

Longue et profonde cluse creusée par le glacier de l'Isère dans les Préalpes calcaires, la cluse de Voreppe est aujourd'hui tapissée d'alluvions fluviatiles et bordée de grands cônes de déjection.
Avant d'être endiguée l'Isère avait un cours incertain dans cette plaine où ses bras isolaient de nombreux îlots alluvionnaires, d'où une toponymie où les " îles " abondent.
Gagnée par l'urbanisation amorcée sur les bords (dans les accès au plateau côté Vercors) la Cluse de Voreppe est d'abord un axe de circulation entre la ville de Grenoble et ses extensions nord-ouest (entre Voreppe et l'aéroport de St-Geoirs).

 Paysage
Un site doublement emblématique : la porte naturelle des Alpes et l'entrée majeure de leur capitale.
L'originalité du site de la cluse de Voreppe n'est pas à souligner. Pour qui a fait le voyage de Grenoble, l'image de cette porte monumentale, entre deux montagnes aussi rapprochées, est inoubliable : elle reste définitivement imprimée dans la mémoire comme l'image emblématique d'une double entrée : celle de Grenoble et celle des Alpes elles-mêmes, auxquelles elle donne accès. Image obligée d'un accès obligé.

Le site est à la fois porte naturelle entre les paysages de plaines et collines de l'avant-pays dauphinois et les paysages alpins et entrée majeure de la capitale des Alpes. La problématique paysagère y est donc double. Comme entrée de la ville, elle devrait inclure une transition entre la grande ville et l'espace agricole de la campagne : les cercles de jardins, de parcs et de vergers de la couronne maraîchère et fruitière traditionnelle. Comme porte des Alpes, elle devrait naturellement donner accès aux paysages de la Chartreuse et du Vercors par les continuités naturelles et agricoles qui les mettent en relation.

La cluse devrait donc rendre compte en principe de deux variantes du schéma paysager patrimonial :
dans le sens longitudinal, la séquence des continuités entre ville et campagne :
Bâti urbain de Grenoble - premier cercle des jardins de l'entrée de ville - deuxième cercle des continuités naturelles des plaines de Voreppe, Saint-Egrève et Noyarey
dans le sens transversal, la séquence des continuités naturelles et rurales de Chartreuse à Vercors :
Continuités naturelles de Chartreuse - continuités agricoles ouvertes des pâtures - jardins - bâti urbain - route - continuités agricoles ouvertes des pâtures et cultures - continuités de l'eau et de sa ripisylve - continuités agricoles ouvertes des pâtures et cultures - route - jardins - bâti urbain - jardins - continuités agricoles ouvertes des pâtures - continuités naturelles du Vercors.
Or le développement de la Région Urbaine Grenobloise s'est superposé à ces deux schémas au désavantage de l'un et de l'autre. Dans le sens longitudinal de la cluse, sous la pression de la ville-centre, le premier cercle des jardins de l'entrée de la ville a disparu, remplacé par le bâti industriel et commercial. Il en reste une mémoire dans les cerisiers et les noyers, plus rares, de la plaine de Noyarey, mais l'image que l'on imaginerait volontiers en leur lieu et place serait plutôt celle de la plaine de Vinay. Dans le sens transversal de la cluse, sous l'effet de la même pression urbaine et de la construction de l'A48 au plus près de l'Isère, c'est le deuxième cercle, celui des continuités agricoles ouvertes qui a disparu, envahi par le prolongement du bâti industriel et commercial de l'entrée de ville, sur la moitié de sa superficie.

La ville semble repousser ses limites vers l'ouest dans un mouvement indéfini. Pour autant, les continuités ouvertes des plaines de Voreppe sur la rive droite, et de Noyarey sur la rive gauche, n'ont pas été totalement refermées par la nappe résidentielle et industrielle, et elles permettent d'apprécier les horizons exceptionnels de la Chartreuse et du Vercors d'autant mieux qu'ils sont plus rapprochés que ceux de Chartreuse et de Belledonne dans le Grésivaudan. Ces continuités agricoles, plus réduites en surface et beaucoup plus fragiles apparaissent comme l'ultime chance de maintenir de véritables continuités, tant écologiques que paysagères, entre les deux massifs déjà réunis dans la même image de Parcs Naturels, elle aussi emblématique de la région. Elles appellent un projet volontariste de protection et de structuration paysagère.
Deux parcs pour la cluse de Voreppe : tel est le projet proposé par l'A.U.R.G (1999:23) sur les plaines de Voreppe et de Noyarey. Il met en continuité deux parcs : le parc naturel de la porte des Alpes et le parc urbain de l'entrée de la ville de Grenoble.
Parc naturel de la porte des Alpes, le Parc de Piémont s'étend sur les plaines agricoles de Voreppe et de Noyarey. Sur ces continuités ouvertes stratégiques pour la lecture, la mise en continuité et l'accessibilité des Parcs naturels de Chartreuse et du Vercors, il s'agit de mettre en oeuvre la combinaison harmonieuse des schémas paysagers de la porte des Alpes et de l'entrée de Grenoble.
Parc urbain de l'entrée de la ville de Grenoble, le Parc Urbain Jardiné concerne les territoires urbains actuels et potentiels de la plaine alluviale. Il a pour premier objectif de requalifier les espaces actuellement urbanisés en reconsidérant leur plan global et en y privilégiant les plantations (voirie publique, parcs de stationnement, délaissés, etc...) et le réseau maillé des circulations douces, en liaison avec celle de l'Isère, permettant ainsi leur traversée et celle de la rivière, et donc la liaison Chartreuse-Vercors.
Son deuxième objectif est de retrouver, dans les villes de Voreppe et de Saint-Égrève , les mêmes opportunités que dans les villes en appui de la plaine de Varces : l'utilisation de l'eau vive comme fil conducteur de tracé urbain et de composition de véritables espaces publics associés.

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