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37 La Chartreuse, la vallée de la Vence

Vallée-de-la-vence

 Géographie

L'orientation sud-ouest/nord-est des plis du massif de la Chartreuse a permis des raccordements plus doux à la vallée de l'Isère au Sud du massif que sur ses flancs est et ouest.
Les bancs calcaires résistants, qui affleurent en corniches, forment l'ossature d'un relief largement disséqué par l'érosion glaciaire et fluviatile. Le substrat est souvent masqué par les moraines, les éboulis calcaires et les cônes de déjection.
Les vallées du Sud du massif de la Chartreuse constituent autant d'accès à partir de Grenoble, l'alternance de larges cuvettes (le Sappey) et de verrous offre des surfaces urbanisables... et la pression foncière est à la hauteur de cette situation privilégiée.
Cependant la proximité de la ville est aussi un atout pour le développement d'une agriculture innovante (daims, orchidées...).
 Paysage

Le cours supérieur de la Vence est occupé par une immense clairière en forme de coeur, parfaitement délimitée par une lisière forestière dense et régulière qui suit l'altitude moyenne de 1000 mètres. A l'horizon nord l'éperon majestueux de Chamechaude, à 2082m, et, comme en réponse au sud, le fort du Saint-Eynard à 1359m. Ainsi se présente le site du Sappey-en-Chartreuse.
Ce cas est unique dans le massif par sa taille, sa simplicité, la pureté de ses contours et le bel équilibre qu'il manifeste entre les continuités prairiales ouvertes et l'espace forestier d'un beau vert sombre qui les entoure.. Rien ne manque ici au modèle du paysage de montagne. Les motifs majeurs de naturalité, de la hêtraie-sapinière et la forêt feuillue, et de l'alpage de l'Emmeindras, encadrent les motifs de l'espace habité dont les prairies convergent, comme les routes et les chemins, vers le village. Le clocher de l'église y dresse sa silhouette altière, entouré de granges et greniers anciens très caractéristiques.
Les qualités spectaculaires du site, jointes à la proximité de Grenoble, expliquent suffisamment le succès dont il jouit. Il est lisible dans la pression exercée sur ses axes de circulation. Elle suggère d' éviter toute construction entre les routes et chemins et les lisières forestières environnantes de façon à ce que les prairies de la clairière conservent leur intégrité et leurs dimensions et que l'image du paysage ne succombe pas à son succès.
La RD 57, qui permet d'accéder à la vallée de la Vence à partir de Grenoble, passe par le col de Clemencière. Mais faut-il ici parler d'un col ? Paysage de proximité de la grande ville, occasion propice pour s'en échapper, notamment aux grosses chaleurs de l'été, il permet d'entrer dans le massif mais n'évoque pas l'image du col de montagne sauvage et accidenté.
Ces caractères se vérifieront plus en profondeur au col de Vence, sur la RD 105 toute proche, étroit passage entre deux versants raides couverts de forêts qui excluent toute construction sur plus d'un kilomètre. On les retrouvera également aux cols de Palaquit, de Porte et de la Charmette, lieux solitaires et impressionnants à des degrés divers.
Les basses vallées de la Vence et du Ténaison.
Dans ces vallées, les motifs les plus originaux sont ceux des balcons occupés par les villages de Proveysieux, Quaix-en-Chartreuse et Sarcenas. Ils s'inscrivent entre les points forts environnants, le Néron (1298), l'Ecoutoux (1406), la Pinéa (1771), l'Aiguille de Quaix (1143), la Montagne du Sac (1283), les pentes recouvertes de forêts, les prairies et les torrents qu'ils surplombent du haut de leurs abrupts. Les villages et les hameaux y ont trouvé leurs sites d'élection.

L'image de ces villages en balcon est particulièrement pittoresque. Les paysagistes isérois ne s'y sont pas trompés. Réunis au siècle dernier autour de Théodore Ravanat (1812-1886), ils donnèrent naissance à l'Ecole de Proveysieux , dans le village qui attire encore les artistes.

A Sarcenas la composition du lieu réunit le caractère grandiose du cadre, Chamechaude (2082) à l'est et la Pinéa à l'ouest, à l'intimisme de la clairière parairiale ouverte dans la forêt. Ses dimensions paraissent d'autant plus réduites qu'elle s'inscrit dans un cadre monumental. Cependant il ne s'en dégage aucune impression d'enfermement du fait que le balcon permet de larges ouverture vers les paysages qui lui font face au sud.

Sur Quaix et Proveysieux en revanche, on observe une dynamique de d'urbanisation diffuse, voire linéaire le long des RD 57 et 105. Elles présentent le cas classique des routes qui suivent les courbes de niveau à flanc de coteau, parfois en balcon sur la vallée. Les constructions qui s'interposent entre elles et le fond de la vallée, mais aussi entre elles et les prairies supérieures, marginalisent les points de vue possibles sur les paysages environnants. D'où l'intérêt de limiter ces extensions aux points les plus précieux du pittoresque local.

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