Isere.fr

Liens rapides...


Retour à la carte

43 La vallée du Grésivaudan

Vallée-du-Grésivaudan

 Géographie

Profondément creusée par les glaciers sur la marge orientale des couches sédimentaires, la vallée du Grésivaudan a été occupée par un ancien lac glaciaire pendant l'interglaciaire Riss-Würm. Les alluvions s'y sont accumulées sur une épaisseur considérable.
Vallée fertile permettant toutes les cultures (blé, colza, pommiers, poiriers, pêchers...) le Grésivaudan est, depuis l'endiguement de l'Isère en 1960, fortement orienté vers la production de maïs.

Son rôle d'axe de communication majeur et la proximité de Grenoble induisent une urbanisation galopante (en général sur les cônes de déjection des affluents) et une forte activité industrielle.
Cette évolution s'est faite au détriment des milieux humides qui cèdent le pas aux équipements, aux grandes cultures et aux peupleraies.

 Paysage

La grande vallée, vue par certains comme la partie la plus surprenante des Alpes du Nord, s'impose à l'attention par son caractère exceptionnellement monumental. Ce caractère lui est conféré par un cadre grandiose, les horizons de Chartreuse à l'ouest et de Belledonne à l'est, qui lui font cortège sur plus de trente kilomètres, du nord au sud, entre Grenoble et Pontcharra ; il est redoublé par la simplicité de sa forme, qui en fait une plaine grande ouverte à la lumière et une voie d'échanges et d'activités qui jouèrent un rôle majeur dans la prospérité de tout le pays environnant.
L'histoire des paysages de la vallée fournit un bel exemple d'adaptation du schéma paysager patrimonial développé autour de la trilogie agraire, dans une grande vallée alluviale fertile, selon la séquence-type suivante d'un versant de la vallée à l'autre :
coteaux boisés - vignes, jardins et vergers - bâti - route - cultures et pâtures - ripisylve et cours de l'eau vive - cultures et pâtures - route - bâti - vignes, jardins et vergers - coteaux boisés.
Dans ce schéma, les paysages s'organisent entre les continuités naturelles majeures du fleuve et des versants boisés de Belledonne et de Chartreuse. C'est donc transversalement par rapport à l'axe de la vallée que s'organisent les différents plans du paysage.
Le premier plan, celui du lit majeur, est occupé par les continuités agricoles ouvertes qui permettent de percevoir le bâti, urbain ou villageois, localisé au deuxième plan jusqu'au pied des coteaux recouverts de forêts, eux-mêmes prolongés au troisième plan par les horizons grandioses des abrupts de Chartreuse et des neiges de Belledonne.
Dans la partie nord de la vallée, entre l'échangeur de Meylan et Pontcharra, la mise en place de l'autoroute A41 a joué un rôle déterminant dans la perception de ces paysages. L'innovation a consisté à suivre l'Isère au plus près et non à distance, comme c'était le cas pour les anciennes routes. Un tel tracé permet une mise en scène renouvelée des paysages de la vallée.
L'autoroute forme un belvédère linéaire à partir duquel leur perception, perpendiculairement à l'axe du talweg, se trouve renforcée et en quelque sorte magnifiée. Quant aux échangeurs qui ont été installés à une dizaine de kilomètres les uns des autres, ils complètent le dispositif des anciens carrefours et franchissements de l'Isère et s'inscrivent dans la logique de visibilité en y ajoutant de nouvelles possibilités d'accessibilité.
Le modèle ainsi développé met en scène un bâti localisé sur les cônes de déjection des vallons descendus de Chartreuse et de Belledonne, et séparé de l'Isère par les grandes continuités ouvertes de l'agriculture céréalière. Ce sont, rive droite, sur la RN 90, les villes d'appui des Granges, Sainte-Marie-d'Alloix, Montalieu, Saint-Vincent-de-Mercuze, le Touvet, la Terrasse et Lumbin ; et rive gauche, sur la RD 523, Le Villard, le Cheylas, Goncelin, Tencin et Froges.
Ces communes et lieux-dits sont distants les uns des autres de 3 à 4 kilomètres, se font face, et huit d'entre eux sont reliés par des routes qui franchissent l'Isère. Elles sont toutes des carrefours de continuités, tant naturelles que spatiales.
Naturelles :
  • celles des vallées affluentes à la grande vallée,
  • celles des torrents qui les drainent et vont rejoindre l'Isère,
  • celles des forêts qui en occupent les versants, dans la continuité des versants boisés de la grande vallée.
Spatiales :
  • celles des routes qui descendent de ces vallées et rejoignent les RN 90 et RD 523,
  • celles des réseaux d'énergie, dont les conduites forcées,
  • celles des villages entre route et pied de versant boisé,
  • celles des continuités agricoles ouvertes, entre route et eau vive, partout où la place est suffisante, dans les vallées affluentes comme dans la grande.
Dans ces conditions, la lisibilité, l'originalité et la diversité des paysages de la vallée restent assurées. La lisibilité grâce au maintien des continuités agricoles ouvertes et à la cohérence du modèle : les cultures céréalières se sont développées dans la plaine ; la vigne et l'arboriculture, notamment de la noix en AOC, se sont maintenues dans des productions de qualité ; et le maraîchage lui-même, sur Goncelin et Tencin, assure encore la transition entre l'emprise urbaine, de plus en plus forte, et la campagne.
L'originalité de cette " Vallée aux cent châteaux " reste également sensible à travers la mise en scène des monuments qui s'y font remarquer et s'inscrivent comme naturellement dans le monumentalisme de la vallée elle-même. Les châteaux de Bayard, à Pontcharra, de Monteynard, du Touvet, du Carre, sans compter le fort du Barraux, y sont en relation de valorisation réciproque avec les villages qui, à l'image de Terrasse, ont su garder leur harmonie.
La partie sud de la vallée en revanche, entre Crolles et Meylan, se présente de manière toute différente.
La rive gauche de l'Isère a vu, il y a un siècle, l'installation des premières industries liées à l'exploitation des premières industries liées à l'exploitation de la houille blanche, ce qui lui valut le nom de "rue industrielle" alors que la rive droite restait dominée par l'activité agricole et viticole. Depuis une trentaine d'années, la pression urbaine grenobloise a tout transformé, à commencer par les coteaux du Mont Saint-Eynard,d'où toute culture a pratiquement disparu et dont l'urbanisation déborde dans la plaine alluviale elle-même.
L'exemple le plus frappant en est donné par la zone industrielle de Crolles,qui barre la vallée entre le village et l'échangeur du Rafour. Mais les extensions de Saint-Nazaire-les-Eymes, de Montbonnot-Saint-Martin et Meylan, rive droite, et de Domène, de Villard-Bonnot, du Versoud et de Brignoud, rive gauche, suivent la même dynamique et ont fait disparaître le modèle précédent au profit du développement répétitif des mêmes formes et volumes bâtis, sans regard pour les motifs en place, notamment ceux de l'eau rive, fil conducteur de l'organisation naturelle et spatiale des paysages locaux.
Ce sont des dynamiques qui motivent les projets de conservation et de mise en valeur portés par l'Agence d'Urbanisme de la Région Grenobloise (AURG).
Les projets de conservation et de mise en valeur paysagère portés par l'Agence d'Urbanisme de la Région Grenobloise (AURG) dans son Schéma directeur de 1999 sont motivés par ces dynamiques. Ils ont pour fil conducteur commun, comme dans les autres plaines et vallées alluviales iséroises, notamment celles de Varces et de Voreppe toutes proches, la mise en scène de l'eau vive sous toutes ses formes.
"Fil conducteur"," fil d'Ariane", "cordon ombilical" (A.U.R.G)"armature des vides"(Laverne) : les images ne manquent pas pour qualifier l'eau vive et en faire le thème majeur d'orientations des programmes d'actions paysagères dans une telle vallée urbanisée. Sa valeur écosymbolique ne fait aucun doute. Ressource naturelle, elle reste un des biens les plus précieux de la collectivité. Synonyme et symbole de vie, elle mérite toutes les attentions. Ressource paysagère, elle forme les motifs les plus variés et les plus attractifs pour tous publics. Mais, s'agissant de l'Isère, elle n'est plus accessible ni lisible à partir de l'A41, de la RN90 et de la RD523, tant sa ripisylve et les peupleraies qui s'y sont développées ont pris d'épaisseur. De ce fait, elle ne participe pas comme elle pourrait le faire à la qualité des paysages de la vallée.
Le Projet de Gestion de la Ripisylve de l'Isère , mené en concertation avec les ingénieurs du génie écologique, permet de moduler son épaisseur et son opacité, de mettre en scène l'eau vive partout où cela est possible, de la réintégrer dans les paysages de la vallée et d'en révéler la profondeur en autorisant les vues transversales d'un versant de la vallée à l'autre (A.U.R.G.). Un tel projet met en effet en continuité, au moins visuelle sinon toujours physique, le lit mineur et le lit majeur de la rivière.
Les Projets de Recomposition des Villes en Appui de la vallée sont eux aussi conçus, comme ceux de la confluence du Drac, autour des continuités de l'eau vive. Ils ont eux aussi pour objet de mettre les affluents de la rivière non plus seulement en continuité visuelle mais aussi en continuité physique avec la plaine agricole et ses rives, principalement par le biais des motifs végétaux suivants :
  • les masses de peupliers,
  • les alignements de frênes, de peupliers têtards et de saules soulignant les chemins, parcelles et cours d'eau,
  • les mails et les vergers de fruitiers, noyers et pommiers,
  • les vignes.
Ces projets visent également à recomposer les talwegs des affluents de l'Isère comme de grandes promenades publiques à l'échelle des entités urbaines en rétablissant et/ou en soulignant les continuités transversales avec la plaine alluviale. Et l'on retrouve pour les villes en appui telles que Domène ou Pontcharra les mêmes opportunités d'utilisation de l'eau comme motif de tracé urbain et de composition de véritables espaces publics associés à l'eau vive. (A.U.R.G.).

© Tous droits réservés par le Conseil général de l'Isère