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58 - La basse vallée du Drac


 Géographie

Creusée dans les marnes par les glaciers puis par le Drac, cette entité paysagère est limitée à l'est par la montagne du Connex et par le Sénépi et à l'ouest par la crête tithonique de la vallée de la Gresse (nous avons regroupé dans cette entité les deux vallées parallèles du Drac et de la Gresse, séparées par une crête calcaire bajocienne).
La morphologie de cette série de versants, succession de crêtes et de gradins parallèles, est marquée par le double héritage du soulèvement du socle à l'est (Dôme de la Mure) et de l'érosion glaciaire.
La direction principale nord-sud de l'ensemble des formes du relief simplifie l'implantation de voies de circulation mais leur réalisation est contrariée par les nombreuses sinuosités des versants.
Couloir de passage, la basse vallée du Drac n'a pas provoqué la formation d'agglomération d'importance ; mais de nombreux bourgs et villages subissent une pression foncière liée à la proximité de Grenoble et à la présence des retenues qui permettent la pratique de sports nautiques.
 Paysage

Dans le prolongement de la plaine de Reymure, la RD529 permet d'entreprendre la remontée du Drac, affluent majeur de l'Isère. Saint-Georges de Commiers en garde la porte, entre la montagne du Connex (1632m) à l'est et, au-delà du Grand Brion (942m), les hauteurs du Vercors. Cette introduction au Sud-Isère est symbolique d'un des traits majeurs de leurs paysages : leurs horizons lointains sont toujours occupés par les motifs majeurs de la montagne, parmi lesquels on comptera les plus hauts sommets de l'Oisans, la grande falaise calcaire du Vercors et l'emblématique Mont-Aiguille, points forts connus, ne serait-ce que de nom, bien au-delà des limites de l'Isère.


Entre Saint-Georges-de-Commiers et Notre-Dame-de-Commiers,c'est la vallée des îles. Elles sont formées par les méandres de la rivière, très attractifs pour tous ceux qui aiment l'eau vive. Le cas est rare sinon unique en Isère. En effet, en amont immédiat de ces quelques kilomètres de plaine alluviale à végétation de saules et de peupliers, les barrages de Notre-Dame de Commiers, de Monteynard-Avignonet, de Saint-Pierre-Cognet et du Sautet, ont profondément modifié la rivière jusqu'aux limites sud du département.

De ce fait, ces quelques kilomètres de la vallée des îles sont les seuls à pouvoir offrir des vues sur le cours naturel de la rivière. Elles sont si exceptionnelles qu'elles sont devenues rares. A l'exemple de Saint-Georges de Commiers, installé sur les hauteurs en balcon, au-dessus des falaises noires et escarpées qui surplombent le cours de l'eau vive, de nombreuses villas occupent maints points de vue majeurs. Un point de vue est pourtant accessible au-dessus du barrage de Notre-Dame-de-Commiers, à partir duquel il est possible d'imaginer ce que fut le Drac avant la construction des barrages.


En amont de Notre-Dame-de-Commiers s'ouvrent ensuite les plateaux de Saint-Martin-de-la-Cluze et de Monteynard, de part et d'autre des retenues de Notre-Dame de Commiers et de Monteynard-Avignonet. A l'horizon, la chaîne du Vercors, avec les Deux Soeurs (1564m), le Gerbier et le Mont-Aiguille (2087m), semblent enserrer un paysage unifié.

Cependant, bien qu'appartenant à une même entité géomorphologique, les deux plateaux sont doublement séparés, et par les gorges vertigineuses et par les retenues de barrage de la rivière, qui atteignent par endroits plusieurs centaines de mètres.

Dans ce décor, le Petit Train de la Mure, partant de Saint-Georges-de-Commiers, a installé son tracé et ses nombreux ouvrages d'art. Ces modèles d'esthétique fonctionnelle très attractifs, qui motivent une attention particulière du Conseil Général, invitent à souhaiter que l'aménagement de la RN75 en voie rapide, sur la rive opposée, se fasse avec la même ambition de qualité, par les ouvrages et les aménagements qui en feront un belvédère linéaire sur les paysages environnants.


Sur le même registre que le Petit Train, un autre modèle d'esthétique fonctionnelle est représenté par la RD 116, très belle route en corniche qui longe la retenue du Monteynard en surplomb. Circulant tantôt en forêt tantôt au milieu des cultures et des prairies, elle donne également à voir la campagne du bocage bien entretenu du plateau.
Sur l'autre rive de la vallée, le projet d'aménagement de la RN75, dont l'impact paysager sera déterminant sur l'image du Sud-Isère, saura-t-il permettre une découverte attractive de la vallée et inviter au voyage vers les paysages moins connus de l'intérieur? Sur Sinard , qu'elle met déjà à vingt minutes de Grenoble, la pression foncière est sensible et invite à une maîtrise attentive de l'urbanisation et à une préservation de la silhouette du village, comme sur les hameaux de La Pierre et de Miribel-Lanchâtre. Le site est attractif et conduit à la plage de Treffort, devenue un haut lieu de la planche à voile. On note par ailleurs des dynamiques de fermeture des paysages par enrésinement des grandes pelouses d'alpages sur les lignes de crête et les pentes du Senepy. Une importante activité pastorale tend cependant à maîtriser cette évolution.

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