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60 LE TRIÈVES

Le Trièves

 Géographie

Vaste cirque au fond mamelonné, ouvert dans les marnes noires sous-jacentes au calcaire tithonique, le Trièves est drainé par l'Ebron et ses affluents qui ont profondément entaillé ces roches tendres. L'érosion, de type régressive (bad-lands), est spectaculaire par ses formes incisives et le contraste des roches noires mises à nu avec les nappes vertes ou jaunes de ce terroir agricole.
Le cirque de Tréminis, où l'Ebron prend sa source, apparaît comme un petit cirque dans le grand ; il forme un compartiment fermé, boisé, où les terres cultivables se réduisent à quelques parcelles en fond de vallée.
Le Trièves est parcouru sur sa bordure ouest par la route et la voie ferrée Grenoble-Sisteron mais ces axes ne perturbent pas l'évolution normale de l'économie locale qui s'appuie essentiellement sur l'agriculture.
 Paysage

L'originalité des paysages du Trièves tient à leur couleur locale. Marqués par les influences méditerranéennes, ils diffèrent, avec ceux du Beaumont , de tous les autres paysages isérois.
Cette couleur locale est surtout assurée par les motifs de la végétation. L'épicea et le charme ont disparu pour faire la place au chêne rouvre ou pubescent et à l'érable champêtre qui font eux-mêmes place à de grandes pentes dénudées couvertes de buis , à de grandes landes de génévriers , à des bois de pins sylvestres , parfois même aux lavandes qui parlent si haut du midi.


A ce premier trait d'originalité s'ajoute celui de l'ambiance générale de bien-être tranquille d'un paysage soigneusement entretenu et protégé, dans le plus grand cirque naturel du département limité à l'est par les crêtes du Dévoluy et à l'ouest par les falaises du Vercors. Le Trièves fut en son temps, tout à la fois grenier à blé et parc à moutons des pays limitrophes, célèbre pour ses agneaux. Il en a gardé une agriculture qui, avec l'arrivée des vaches laitières et la mécanisation, constitue la base de son économie.


Mens est typique de cette ambiance si agréable, avec ses enchevêtrements de petites ruelles ombreuses et son environnement boisé en fond de vallon. Par contraste, les villages de la partie ouest du pays, de l'autre côté de l'Ebron, sont généralement perchés, autre trait méridional, à la limite des motifs naturels du relief de la végétation naturelle, des champs et des pâtures. Saint-Michel-les-Portes en est un bel exemple. Etroitement regroupé autour de son clocher, sur son petit plateau cultivé, il présente une belle architecture aux toits de tuiles écailles à quatre pans devant un horizon où se dresse le Mont-Aiguille.

Tréminis mérite aussi d'être évoqué pour son petit cirque parfait, enserré de toutes parts par de vigoureuses pentes boisées, et pour les évocations qui lui sont attachées : Giono, qu'il inspira, et peut-être aussi Daudet , dont la petite Chèvre aurait certainement été fascinée par les deux montagnes de l'Obiou (2790m) et du Grand Ferrand (2759m).
De nombreux villages jalonnent le cours de la RN 75, qui traverse l'ouest du pays en balcon sur les paysages environnants. Comme telle, elle constitue un motif fort du Trièves, traversé comme la Matheysine par un itinéraire d'intérêt national peut-être un peu méconnu. Une des raisons en est peut-être que ses villages ne sont pas traversés par la route.
Une autre, d'ordre culturel, est que ce territoire à toujours été un territoire de passage orienté nord-sud, l'axe de la transhumance et du colportage séculaires. La perspective de l'aménagement de la RN 75 apparaît alors comme une occasion à saisir de révéler l'autre dimension du pays, celle de ses profondeurs est-ouest et du pont qu'elles forment entre les massifs du Vercors et des Ecrins et leurs Parcs Naturels respectifs. Un tel aménagement serait en effet conçu comme une occasion de mise en scène soignée des pays environnants et des routes départementales qui les traversent :
  • la RD 66 : Lalley - Mens - Corps,
  • la RD 526 : Clelles - Mens -La Mure -Valbonnais - col d'Ornon - Le Bourg-d'Oisans,
  • la RD 7 : Clelles - Chichilianne - col de Menée,
  • la RD 216 : Lalley - Le Château-Bas - Tréminis,
  • la RD 34 : col du Fau - Mens.


Le Projet de Mise en Scène du Sud Isère par les Itinéraires routiers pose la problématique et les principes de ces opportunités du triple point de vue des Plans de paysage qui renforceraient la lisibilité et l'originalité des paysages riverains des routes, de la définition de la signalétique et du vocabulaire mobilier de l'itinéraire, de la géométrie et du paysagement du tracé, notamment des premiers plans au rôle décisif dans la perception des paysages traversés (Laverne).

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